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Vendredi 11 janvier 2008
par Nicosono
publié dans : Actualités religieuses et laïcité
La scientologie est relativement acceptée sur le continent américain. Elle compte en effet parmi ses membres de nombreux personnages célèbres, notamment du cinéma américain. Ceci peut paraître paradoxal sur un continent où le christianisme fut toujours une tendance de respectabilité des personnes, et surtout dans le monde politique et la course à la Maison blanche.

Le mouvement de la scientologie est né dans la ville de Los Angeles dans les années 1950. L'Espagne vient officiellement de reconnaître à l'église de scientologie le statut de religion. Cet état de faits est-il possible en France ? Un élément de réponse se trouve sur le site de L'express :

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=463733
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Samedi 29 décembre 2007
par Nicosono
publié dans : Actualités religieuses et laïcité
Dans un entretien accordé au Figaro, le 26 décembre 2007 , François Bayrou, président du Mouvement démocrate revient sur le discours du président de la République prononcé à Saint Jean-de-Latran : « Quand on a besoin d’un adjectif, c’est qu’on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s’est construite ».François Bayrou exprime une vision exigeante du modèle français de laïcité : « L’idée qui fonde la démocratie, c’est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l’ordre du pouvoir, l’ordre de la religion et l’ordre de la science. »

LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de « laïcité positive » défendu par Nicolas Sarkozy ?

François BAYROU. Quand on a besoin d’un adjectif, c’est qu’on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s’est construite. S’exprimant comme président de la République, il introduit la notion de « racines essentiellement chrétiennes » de la France, oubliant le grand mouvement d’émancipation des Lumières. Il affirme que la République a « intérêt » à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans « l’intérêt » de la République, de fonder la morale du pays. C’est le retour, qu’on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l’État et la religion. Ce mélange des genres n’a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

Est-ce une erreur de parler d’espérance quand on fait de la politique ?


La République n’a pas à sous-traiter l’espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d’inviter à l’attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant « l’espérance » qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu’elle était loin derrière nous ! Ce n’est pas autre chose que « l’opium du peuple » que dénonçait Marx. C’est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l’islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l’espérance religieuse et l’espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n’est pas seulement l’espérance, ce n’est pas seulement pour l’avenir. C’est pour le présent, c’est voir le monde et voir l’autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C’est en cela qu’il existe un humanisme chrétien.

La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l’« aspiration spirituelle » de l’être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?


L’aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l’être humain. Sur ce point, je suis d’accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu’on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d’approche. D’abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu’il faut se référer à la religion que d’en voir un autre affirmer qu’il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n’est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d’un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu’une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

Quelle est votre conception de la laïcité ?


Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que « jamais l’instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé » dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu’il lui « manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance », il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l’instituteur n’est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l’intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l’autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu’il ne peut imposer aux autres. L’idée qui fonde la démocratie, c’est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l’ordre du pouvoir, l’ordre de la religion et l’ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l’homme n’est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l’être.


Cela vous choque ?

Oui. En outre, c’est un paradoxe troublant que celui d’un pouvoir qui affiche chaque fois qu’il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l’espace public. Cela s’est déjà produit dans l’histoire. Aujourd’hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l’admettre : ils ont quelque chose en commun, c’est le « rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Propos recueillis par Judith Waintraub, Le Figaro, 26 décembre 2007 - © Lefigaro.fr



Cette intervention de François Bayrou est decevante. Etant lui-même catholique il aurait dû se réjouir des opportunités que cet échange entre Sarkozy et Bénoît XVI apportent pour les Catholiques en France.


Voici une autre interview de Frabçois Bayrou plus intéressante

Catholique pratiquant, le candidat UDF demeure hostile à toute révision de la loi de 1905. Il estime que les élus de la République « n’ont pas à obéir aux injonctions des Églises »

La Croix : Y a-t-il des valeurs spécifiquement françaises ?


François Bayrou : Oui, la laïcité est spécifique à la France. C’est notre richesse. Elle est incompréhensible pour un étranger. Tout comme la vocation universelle des valeurs de la République.

Le président de la République est, selon la Constitution, garant de l’unité de la nation. Est-il, à votre avis, garant de certaines valeurs ? Et si c’est le cas, quelles sont ces valeurs communes à défendre ?


Le président de la République doit faire comprendre que la nation, ce sont des valeurs et qu’il en est le garant. Ces valeurs sont connues, c’est la liberté, l’égalité et la fraternité. Ce sont trois valeurs de résistance. Telle est leur caractéristique première, surtout quand on essaie de les faire vivre ensemble. La liberté n’est pas naturelle : ce qui est naturel, c’est la servitude, aussi bien à l’égard des autres que de soi-même. L’égalité n’est pas naturelle : ce qui est naturel, c’est l’inégalité, avec d’un côté les forts et de l’autre les faibles. La fraternité n’est pas naturelle : ce qui est naturel, c’est l’égoïsme. Donc, nous avons construit un projet de société en trois mots, original dans le monde et d’ailleurs à vocation universelle. Et le président de la République est garant de cela.

Que peut-il faire pour les garantir ?


D’abord, il doit les pratiquer. Il y a, dans la fonction présidentielle, une valeur d’exemplarité. La charge du président de la République est symbolique. Il doit faire des gestes. Au nom de la Nation. La parole est très importante pour rappeler qu’il ne laissera jamais rien déraper, y compris et surtout de la part de ses propres amis.

Parmi ces gestes, le président doit-il inventer de nouveaux rendez-vous, de nouvelles fêtes laïques à côté des fêtes religieuses ?


L’idée d’une cérémonie lors de l’acquisition de la nationalité française est une bonne idée. Mais restons-en là. Ne multiplions pas les fêtes nouvelles qui dévaluent les anciennes.

Faut-il revisiter la loi de 1905 sur la laïcité ?


La loi de 1905 est l’une des clés de voûte de la société telle que nous l’avons voulue. Je suis un chrétien, croyant, pratiquant, défenseur de la laïcité – et je la défends comme citoyen, mais aussi comme croyant. La foi est beaucoup plus à l’aise dans sa maison lorsqu’elle est libérée de l’influence de l’État et réciproquement. Je considère que l’alliance du trône et de l’autel a été une malédiction qui a fait beaucoup de mal. Une partie de l’anticléricalisme vient de là. La loi de 1905 permet d’ailleurs des accommodements pour que les religions puissent disposer de lieux de culte.

Il y a quelques mois, le rapport Machelon suggérait que des communes puissent directement financer des lieux de culte. Y seriez-vous favorable ?


Ne touchons pas à l’équilibre actuel. Cherchons des mécanismes respectueux de la loi, qui peuvent permettre la construction de lieux de culte dignes pour des religions pauvres et récentes. De nombreuses communes prennent des initiatives en ce sens. C’est bien ainsi, n’en faisons pas plus.

Une grande partie des propositions de la commission Stasi n’a pas été reprise. Faut-il reprendre ce dossier pour mieux définir ce qu’est la laïcité ? Et faut-il, comme elle le proposait, accorder des jours fériés pour des fêtes d’autres religions que chrétienne ?


Il faut un code de la laïcité qui tienne compte de cette idée que nos fêtes, notre calendrier appartient à notre patrimoine. C’est comme dans une famille : il faut apprendre à vivre ensemble, sans pour autant bouleverser les traditions. Ce serait donner des secousses à ce qui constitue la charpente de notre maison. Ne secouons pas tout cela en permanence.

Est-ce à l’État d’accompagner, de faciliter l’installation d’un islam en France ?


Oui, si on le peut et si les musulmans le demandent. Là encore, c’est comme s’il y avait une nouvelle famille dans le village. Il est légitime de lui donner sa place et de ne pas la rejeter. Je pense que l’islam aspire à trouver sa place en France. Il y parviendra notamment par le biais des musulmans eux-mêmes, qui ont une référence constante, très forte – parfois plus que d’autres – à la République. De ce point de vue, je suis optimiste.

Quand un musulman se présente d’abord comme musulman et ensuite comme Français, est-ce acceptable ?


Pas plus que lorsqu’on disait « catholique et Français toujours ». Il faut apprendre à vivre avec plusieurs identités. Mais observez que ceux qui disent cela sont souvent ceux qui sont sans emploi ou sans espoir d’intégration.

Quelle doit être la place des religions dans une société laïque ?


La religion, c’est deux choses. C’est d’abord, pour beaucoup de femmes et d’hommes, un élément de leur vie personnelle, de leur vie de famille et qui est pour chacun d’entre eux une manière de se voir soi-même et de voir le monde. C’est donc un univers intime et très profond, parce qu’il est à la fois personnel, familial et communautaire.

I
l y a une deuxième dimension.


Les religions s’expriment dans l’espace public en disant ce qui est important pour elles par rapport à l’idée qu’elles se font de l’homme, de la vie, de la mort, de l’accomplissement de l’homme. Les religions sont tout à fait légitimes à s’exprimer y compris dans la sphère publique. Elles sont une donnée importante de notre vie nationale. Les gouvernants, les élus du peuple doivent en tenir compte, mais n’ont pas à obéir à des injonctions des Églises. Pour ma part, je ne me sens pas engagé par des prescriptions qui viennent de l’autorité ecclésiale, malgré le respect et l’affection que, comme homme, je peux avoir pour elle. Je fais très attention à tout cela.

La religion ne doit donc pas être cantonnée à la sphère privée…


La foi est du domaine privé. La religion, c’est la communauté des croyants organisés. Et là, il y a une dimension collective. La religion ne peut pas être clandestine. En même temps, dans un pays comme le nôtre, il faut veiller à ce que la République ait toujours la prééminence, qu’elle soit un pas devant. Elle accueille les religions, elle les regarde avec bienveillance, mais elle ne laisse personne prendre le pas sur elle. Et je le dis comme croyant.

Quel est l’apport du christianisme à l’identité nationale française ?


Liberté, égalité, fraternité. C’est le double héritage du christianisme et des Lumières. La laïcité est aussi un héritage chrétien, car c’est le « rendre à César ce qui est à César ». La situation et l’égalité de la femme, c’est aussi un héritage chrétien. L’identité nationale, il faut l’honorer, mais ne pas l’exalter. Il faut en avoir conscience, mais pas passer son temps à en parler. Car l’identité, comme toujours, a deux faces : l’une, bienfaisante, signifie qu’on est en accord avec soi-même, et l’autre est névrotique. Il y a une névrose de l’identité qui veut dire : « Je suis bien, les autres sont mal. » À trop exalter l’identité et la Nation, on peut préparer des dérapages.


Recueilli par Dominique GERBAUD -Copyright © La-Croix.com

 



Le sens des mots affirme François Bayrou. Il est en effet très important. Mais revenons un instant sur le concept de "laïcité". Qu'est-ce donc que la laïcité ? De façon schématique, la laïcité est la séparation entre l'église et l'État. Juridiquement, l'État ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte mais garantit à chacun son exercice dans le respect de l'ordre public.

Le discours de Nicolas Sarkozy propose une autre manière de dialoguer avec la religion. Il suggère de l'intégrer au débat public en tant que phénomène social pouvant amener à une autre compréhension du monde dans lequel on vit. Évidemment, les scientifiques risquent de grincer des dents, ils ne seraient plus les seuls à être consultés dans l'objectif d'apporter des solutions aux problèmes qui se posent, les croyants le seraient aussi, non avec des raisonnements scientifiques mais avec la foi.

Nicolas Sarkozy marque une rupture dans les propos tenus jusqu'alors par un président de la République française, notamment dans le domaine de l'éducation. Selon Nicolas Sarkozy, l'école de la République ne saurait se substituer à l'enseignement religieux. Néanmoins, il serait regrettable de passer d'un extrême à l'autre, c'est-à-dire d'enterrer la laïcité au profit de l'œcuménisme, dans le sens où un seul message est la vérité.

Mais revenons sur les propos de François Bayrou. Selon lui, la laïcité se trouve dans la Bible, lorsque Jésus enseigne : "Rendez à César ce qui est à César". Une théorie qui pourrait se défendre s'il était question ici de pouvoir. Or, à ce moment précis, Jésus voit une pièce d'argent avec l'effigie de César. Ce n'est ni plus ni moins que la notion de propriété qui est ici évoquée par Jésus, en réponse à une question qui lui était ici posée par les pharisiens concernant les impôts. Les pharisiens attendaient certainement que Jésus appelle à la révolte, mais voici qu'Il leur dit, telle une révolution, de payer, de se soumettre aux romains.
De plus, l'histoire des israélites à travers l'ensemble de l'Ancien Testament démontre que le pouvoir royal, dès l'intronisation de Saül, était conduit par Dieu au travers des prophètes qu'Il avait disposés. C'est du moins ce que Samuel fit avec Saül. Les choses étaient différentes avec David. Dieu lui parlait directement, bien que les prophètes fussent présents. L'organisation de la vie sociale des israélites, de leur vie économique, de leurs relations géopolitiques, était tracée par Dieu.
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Vendredi 21 décembre 2007
par Nicosono
publié dans : Actualités religieuses et laïcité
Le discours de Nicolas Sarkozy sur le site officiel de l'Élysée :
http://www.elysee.fr/webtv/index.php?intChannelId=6&intVideoId=260


"Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. J'assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Église." Nicolas Sarkozy appelle les différentes confessions de France à participer au dialogue et à éclairer la réflexion de la République sur tous les sujets.

Le président de la République s'est rendu à Saint-Jean de Latran pour y recevoir le titre de "chanoine honoraire" qui échoit de droit au président de la République française depuis Henri IV. Ce fut l'occasion pour Nicolas Sarkozy de rappeler son attachement à certaines valeurs chères à l'église, comme il avait déjà eu l'occasion de le rappeler, à de multiples reprises, lors de la campagne présidentielle, se détachant nettement de Ségolène Royal, et de ses prédécesseurs.

Quelles sont ces convictions ? L'éloge du catholicisme et de l'église de Rome en tant que tête et mère de toutes les églises de monde. Il eut été utile ici de préciser qu'elle ne l'est que pour les dénominations qui fonctionnent sur le principe de la pyramide, de la hiérarchie dans l'église, qui reconnaissent le pape comme la seule autorité et la représentation de Dieu sur terre. Pour les évangéliques, qui ne reconnaissent pas l'autorité du pape, l'organisation du culte n'est pas soumise à quelque approbation, si ce n'est celle du Saint-Esprit. Ceci pour prendre les églises évangéliques, mais ce terme peut également être employé pour désigner les protestants.

Nicolas Sarkozy évoque la loi de séparation de l'église et de l'
État de 1905 et les déchirements qu'elle provoqua, notamment sur la question des inventaires. Il rappelle le caractère indispensable de cette loi qui permet à la fois de lutter contre toute forme de favoritisme et de ne reconnaître aucun d'entre eux. Mais Nicolas Sarkozy marque ici sa différence d'avec ses prédécesseurs, où Jacques Chirac affirmait d'elle qu'elle était un "monument" inviolable, en appelant tous les croyants de la République à participer à sa réflexion et à enrichir sa vision du monde. Nicolas Sarkozy évoque l'erreur qui consistait à éradiquer certaines valeurs qui ont construit la France. "Si l'on arrache la racine, les fondements disparaissent." Ce fut l'occasion pour Nicolas Sarkozy de défendre son projet d'Union méditerranéenne. En effet, le bassin méditerranéen regroupe les trois religions monothéistes. Cependant, Nicolas Sarkozy rappelait les valeurs chrétiennes de la France, on eut aimé davantage les valeurs "judéo-chrétiennes" de la France. Romains 11 décrit justement les réalités spirituelles de l'église, et Nicolas Sarkozy parlait des "racines" de la foi. Israël était là en premier. La France serait-elle à la recherche de ses valeurs historiques ?

Nicolas Sarkozy souhaite valoriser les symboles du christianisme tout en affirmant la laïcité pour le respect de tous. Partant du principe que la laïcité ne peut en aucun cas effacer le passé, et assumant pleinement celui de la France, Nicolas Sarkozy appelle à une "laïcité positive" qui consisterait au dialogue interreligieux et à la participation des différentes confessions à la vie publique. Le président français fait alors taire les critiques sur la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui répondait, semble-t-il, à faciliter l'intégration de ceux qui se reconnaissent dans le culte musulman. Si tel est le cas, cette démarche correspond aujourd'hui au désir de Nicolas Sarkozy de "laïcité positive". Mais ce fut aussi un message en direction de ceux qui souhaitent une condamnation pure et simple du système colonial. Ce dernier est encore diversement associé au christianisme (dans le message qu'il voulut apporter, mais les méthodes qui furent employées pour la propagation de l'
Évangile n'avaient rien à voir avec celles que Jésus employa. Ce fut en réalité un système esclavagiste qui tenta de se justifier par l'emploi de la religion.)

"Les questions de la vie et de la mort n'ont rien perdu de leur sens, bien au contraire" affirme Nicolas Sarkozy. Devant cette affirmation, le président met en avant une des réalités de ce monde, qui consiste à poursuivre les intérêts matériels. En contrepoids, "l'intérêt de la République est qu'il y ait des hommes qui croient car ils représentent l'espérance" ajoute le président. Insistant sur le fait que les athées ont leur liberté de conscience, il précise que ces derniers ne peuvent répondre à la question de savoir ce qu'il y a avant la vie, et ce qu'il y a après la mort. Toutefois, Nicolas Sarkozy veut lutter contre toutes les formes de prosélytisme.

"L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches." On reconnaît bien ici le style de Nicolas Sarkozy, faisant sans doute référence à son parcours politique qu'il dut construire. "L'avenir se construit et ne se subit pas", ajoute-t-il, faisant ici référence aux choix de vie des cardinaux, et évoquant le parallèle avec la fonction de Président de la République. Nicolas Sarkozy évoque l'importance de répondre à sa vocation, et de décrire cette dernière comme un sacrifice, Nicolas Sarkozy au service du peuple français, et les cardinaux au service de Dieu (mais de quel dieu s'agit-il en réalité ?), témoignant ainsi toute son admiration à ce service.

Ainsi donc, le discours de Nicolas Sarkozy est un discours d'ouverture en direction des croyants, un appel solennel de la République française à un investissement commun dans le respect des croyances de l'autre. La République laïque, par le discours de son président, a surpris par le ton et les mots employés. Nicolas Sarkozy regrette même la "désertion de certains lieux de culte." Sur ce plan, les églises catholiques ont essayé de réagir en modifiant quelque peu certains aspects du culte. L'église évangélique voit le nombre de ses adhérents augmenter. Pour autant, elle est toujours considérée comme étant marginale, alors qu'elle ne souhaite que participer activement, comme l'appelle justement de ses vœux le président français, à la vie de la nation.
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